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Suppose que tu me demandes
Si un jour tu pourras me convaincre
Et que je te demande
De convaincre un oiseau
D'arracher ses ailes.

Suppose que tu m'ouvres ton coeur
Pour me dire enfin que tu m'aimes
Et que je te réponde
Que jamais aucun coeur ne pourra m'émouvoir.

Suppose que pour toi
La vie est si belle
Qu'un diamant semble éteint
Et que je te demande
De cesser de mentir.

Suppose que tu me jures
Que tes promesses sont sincères
Et que je te demande
Pour une fois de te taire.

Suppose que l'on se jure
Une amitié pour la vie
Et que je te demande un jour,
De te retourner
Pour ne pas me voir mourir...

Suppose que je sois comme la mer
Hésitante, calme et violente
Et que je ne sache t'offrir que des larmes salées...

Suppose que tu aies perdu ton temps
En voulant me faire gagner le mien
Et que je te demande de t'en aller
Sur la pointe des pieds.

Suppose que
Je n'ai
Qu'un clou
A la place du
Coeur
Et qu'il se plante dans le tien
Assassin !

Suppose que tous les jours
Je ne sois que plainte
Plinthe à clous
Clous à lier
Comme tes mots qui
Pleurent de se perdre
Dans le vide de mon coeur perforé
Par ces clous insensés
Qui ont perdu le sens,
Sans penser

Qu'il suffit que tu supposes
Pour que je te demande:
Quand aurais-je le droit de respirer ?

Suppose, suppose
Tant que tu veux
Et demande-toi
Ce que tu pourrais supposer encore

Pour que je ne cesse
De te demander.

Coralie Adato@
(posté le 25/02/03)

Nouvelles de Coralie Adato :


"Tania et le loup"

pour la lire, cliquez ici

"Les Sorcières"

pour la lire, cliquez ici
(posté le 25/02/03)

L'astre mort et froid crie sa honte crépusculaire déçue.
Son reflet s'est noyé dans le bassin d'Ana Dé.
Elle se baignait, belle dans ce corps endiablé.Loreley, sa fidèle, épiait la nuit et tous ses bruits. L'astre réchauffé, écoutait l'ineffable musique montant aux cieux, de l'eau frémissante du corps d'Ana Dé, du chant trop angélique de la charmeuse Loreley.
Pauvre astre ridicule ! Nimbé de cette fierté, sclérosée par des années de vanité, tu t'es cru invité à ce bain sacré. C'est oublier que ces corps ne sont que des ombres que tu as imaginées dans ton désir de revivre le temps de la piètre lascivité. Mais, pauvre niais, ta longévité à gangrainé ta lucidité...le chant et l'onde sont des spectres médusants qui s'amusaient à te méduser. Acéphalogramme dégénéré! Tu t'es noyé dans le lac d' Ana Dé, pris au piège de ta lubricité...Ana Dé et Loreley, te regardent sombrer...sans pitié...dans toute leur nudité.
Coralie Adato@

(posté le 20/02/03)


DIADEME

Quand l'anorexie devient diadème
Quand le jour devient dia
Quand ce jour que l'on n'aime pas
Devient un spectre d'apparat

Je mets mon corps en latence
Tout en lançant la danse
D'un bal endimanché
Au rythme endiablé

Je me fiche des camps
Les sabbats tolérants
Je suis concentrée
Etre ailée ou damnée

Légendes oubliées
Les gens engrillagés
Dans un savoir brancart
L'histoire est en retard

Je mets ma robe de déesse
L'anneau et la dague chasseresse
Je suis Diane protectrice
Je suis Diane rédemptrice
Réflexion du miroir irlandais
De la sublime Ana Dé

Le dé est jeté
Drapé moiré
D'un mouroir
Sans espoir

La pomme d' Or
Devient pomme de dys-corps
Entre Artémis
Et arte factice

Je m'enivre de ce nectar
Seule dans ma tour d'ivoire
Je rêve aux femmes emmurées
A toutes ces déesses voileés

Je lève ma coupe
Ma dague et mon diadème
Et je bois à ma santé
Gloire à ma liberté !

Coralie Adato

le 16/02/03

______________________________________

REGARD

Cette femme me ressemble
Tout comme moi
Cette femme tremble
Morte de froid

Cette femme est là
Si près de moi
Cette femme me voit
On s'aperçoit

Regards croisés
Interposés
Corps décharnés
Déracinés

Cette femme s'approche
De désarroi
Cette femme s'accroche
et ne sait pas....

Cette femme tremble
Tout comme moi
Cette femme semble
Ce je-ne-sais-quoi

Son corps gelé
Bel entrelacs
Son sein plaqué
Tout contre moi

Son visage pâle
Un regard vide
Resserre son châle
Un cou aride

Cette femme exsangue
A disparu

Le miroir est tombé
Dyptique brisé
La vie partagée

Synoptique rêvée

Cette femme exsangue
A disparu

Mais vous ?
L'avez-vous vue ?

Coralie Adato
le 20/02/03

(posté le 20/02/03)



Nouvelle de Coralie Adato : "Neige"

pour la lire, cliquez ici (taille 61 Ko, format .pdf)
(posté le 16/02/03)

Je n'ose imaginer ma vie dans un astre froid et mort.

Je n'ose imaginer la mort...
J'ai envie de me faire mal, de détruire ce corps qui impose le silence à ma voix; ce corps qui me dévore, gonglé de l'intérieur, boursouflure immonde qui m'étouffe et m'offre un arrière-goût de nausée rance. J'ai envie de vomir toute cette amertume qui coule laborieusement dans mes veines et pénètre, irradie l'ensemble de mes organes. Ah oui ! Vomir, vomir ! Encore vomir cet intérieur putride, frelaté qui dégoûte chaque fibre de ce cadavre en vie. Mourir à l'absence, vomir cette présence vide de tout sens. J'étouffe, je suis pleine d'un rien qui, parce qu'invisible, échappe à toute tentative de saisissement. Tout se défile, tout défile, comme un défi. Cette vie-bobine qui se débine. Cette vie-fil qui file- pas la laine- mais l'haleine d'un souffle trop court qui hésite sans cesse essouflé dans cette course sans fin, sans faim...famine despotique, famille hiératique, femme étique. Etiquette anorexique collée sur un plafond-toile d'araignée où défilent les spectres, perspective prospective d'un film pathétique. Souffle court, court-métrage. Rien n'est jamais long car seule l'attente l'est. Interminable d'ailleurs. Absence, attente, j'attente à l'absence, au manque...de sens. J'halète, j'allaite au sein....d'une agonie qui nie tout...et fait son nid, au creux, au centre, au ventre-Ramifications sans fin, qui se déploient à l'infini- Là où l'un fini, l'autre débute et bute comme un dé sur un rebord et rebondit, dis-moi où ? Partout. Là où tout n'est pas, là où tout manque. J'ai la nausée, des remous sages qui grossissent en vague à l'âme. Lame de rasoir invisible qui coupe les synapses, les syllabes, les connexions, déconnexion. A cerveau coagulé, visage fermé, langue nouée. Visage, vie-sage...Anthropophage, autophage. Tout est intérieur, la lutte est cachée, rien ne déborde, alors rien ne m'aborde, sauf l'idée de la corde. Pas pour me pendre mais pour me hisser. Facile, car pour moi tout est noeud. Tout est noué- Pratique pour les pieds et pour le nez. Comme un mouchoir. Le noeud pour mémoire, le noeud dans le tiroir. Mais il fait si noir. Rien ne remonte, rien ne se hisse, tout est lisse- Mémoire patinoire où je dérape. Râpe à dé, ce même dé sur le rebord qui rebondit. Hasard, destinée, destin nié.

Hôpital Castelviel. Coralie Adato

Spectre à l'âme

Parfois, l'âme enchevêtrée à des lianes de neurons, se débat dans l'espoir de dégager ses ailes. Anéantie par tant de lutte elle s'arrête un instant, savourant le silence sombre de cet antre clos. Scrutatrice et spectatrice, l'oeil engrillagé, elle observe la duplicité des images, à l'affût d'un signe qui lui permettrait de démêler ces noeuds qui la ligotent. Malheureusement, le noir a gommé les loupes de lumière ophtalmique et ce qu'elle voit, ne sont que des spectres sans ombre qui défilent dans le silence, la mine cassée et le regard éteint. L'âme désespérée se convulse à nouveau, cristallisant ses ultimes forces dans une décharge neuro-musculaire. Son énergie s'électrise et les lanternes paroisseuses éclaires les ombres effacées. La lumière, d'abord tamisée, irise les spectres qui s'éclatent en rais multicolores. L'âme éblouie ne voit rien, tout semble vide dans un silence inquiétant. La clarté a agrandi l'espace et les couleurs se sont figées au mur, immobiles pour que ce silence les ignore. L'âme est sans préhension, et ne peut donc saisir au travers des mailles, la chandelle qui brûlerait les lianes. Bientôt, les bougies, consummées, s'éteignent et l'obscurité se vautre dans le silence compacté. Alors l'âme, emprisonnée voit se détâcher des parois les ombres médusées...elles se mettent à marcher, au pas des spectres sidérés.

Coralie Adato

(posté le 14/02/03)


Déformation:


Mourir d’angoisse, vision d’un corps à la dérive poussant les vagues diaphanes et claires d’un espoir transi.

Disparaître d’amertume au son d’une cymbale ébranlée par un cri, un désespoir sans révolte, où seul le regard perce énorme et démesuré sur un visage éclairé par le scintillement d’étoiles noyées de larmes. Geste d’égarement et de rejet face à ce dégoût au goût nauséeux qui prend à la gorge et vient se répandre à terre, recouvrant d’un voile d’écume putride le vernis écaillé. Les ongles déchirent l’âme égarée et la rende invisible au monde tangible. Des lames transpercent ce corps qui se débat sous l’emprise d’une force infernale, d’un démon aux yeux chassieux qui mord et arrache les dernières chairs sur des os poreux. Le cri recommence plus aigu et meurtrier, les lames s’enfoncent et les yeux jaillissent sur ce terrain exsangue et lunaire aux orbites creusées. La main tremblante et livide se porte à ces lèvres effarées, étouffant un dernier sanglot refoulé. La glace se déforme sous le poids d’un regard trop lourd et se perd dans un brouillard aveuglant. Les bords –spectres sidérés- s’effacent dans un éclair noir et l’aura dernière disparaît dans un horrible face à face avec la meurtrière. Tout est mort, le silence interroge le corps privé d’âme qui dans un ultime sursaut se galvanise. Des étincelles s’éparpillent, ocelles miroitantes sur les restes pathétiques d’une lutte frénétique. Le miroir s’érige majestueux, neutre et inébranlable, spectateur ravi d’une anorexie à l’agonie…

Coralie Adato

_________________________________

BALDAQUINS


Il marche seul dans une étoile sans nuit, où l'aigle dit au singe que sa toile éclaire vivement l'aube des crépuscules endormis. Mais attention à l'ipséité absurde des hommes abêtis par l'auréole de leur chou, humble légume aux feuilles desséchées qui palpent fiévreusement les déchets du passé ancrés dans la torture acidulée de la solitude, qui tirent les spectres hors de leur berceau mortuaire, mausolée aux tristes baldaquins de chairs pendantes sur le sang giclé des poignets étirés par la lame profonde de la mer, qui soulève au creux de ses reins, les os élimés des anciens qui inspirent l'amère déception des journées langoureuses.

La main, n'oublie pas la main, attrape-la et pends-toi à ses jointures osseuses qui perforent cisailleuses, les tissus sanguinaires des yeux désorbités des pauvres hères sur le sol rocailleux qui expire, asphyxié par les corps dépouillés de leur souffle, entaillés par la pointe aiguisée du cœur retourné, dégoulinant d'oursins abandonnés au flux tournoyant comme une fronde, qui perforent, moustiques aiguisés, les nerfs prostrés des peureux habitants des cathédrales s'élevant à la gloire de l'ignominie, abjection putride qui enchaîne les tentations et délices refoulés dans les fibres meurtries des cadavres en vie.
Coralie Adato
______________________________

Clair-hier de femme


La saison est sauvage

La clairière, belle et inattendue,

Inextinguible sagesse

Attentive aux bruits qui passent

Par le hasard d'une chaude nuit

Irréelle et lointaine

Mourante de cris entendus

Sur le devant d'une porte

Indécemment fermée

A clef.

Nuit lugubre de passage forcé

Si la serrure d'espace se nourrit

Alors crier d'amertume le loquet

Hoquet,

Sésame, rebelle et femme.

Voilée: anOgramme

L'étrange déception - amère - d'un être éparpillé

Mère d’un être épars pillé

Fourmille d'égarement aux spectres sidérés.

La lune écoute, miroitante, sur un océan vaste

Et démesurément BEAU.

Des flaques d'amertume soufflent un vent

Fiévreux et innocent - et les voiles magiques

Se gonflent intensément.

Alors, l'écart voluptueux de jambes nonchalantes

Se fend d'un coup de langue vorace et tremblante.

Ô cris anodins d'immensités déçues

Par les gouffres latents de volcans fuyants !

Magnifique perfection d'un monde sublimé

Où êtres et choses se mêlent, dans un cercle suranné.

Parlons enfin des tirades - fameuses allégories

Sanguinaires qui bâillonnent d'un éclair

Sidéral, les bouches médusées.

Magnifique instinct d'une parole volée

Où scrute l'œil figé d'une enfant violée.

Coralie Adato
(posté le 13/02/03)


Sorcière

Un jour peut-être oser
Peur de transpercer d'un coup de
Hache cet âge
Si lent à se séparer de ma
tête.
Crier, se tenir à une fente
Agrandissement qui éblouit comme la tanière
D'un arbre mort.
Eclat jeté
Sur
Une sortie plutôt non assortie.
Le sort a jeté les dé
Coup de poker
Aurais-je droit à un joker.
A toi de jouer
Qu'est-ce que t'attends ?
Que j'arrête de jouer.
Ok, hoquet, j'ai pas assez d'air.
Peut-être un jour
Si ce jour existe
Tristes ces mots
Sans rien,
Dépouillée,
de tout.
Pas voulue
Pas crue
Pourquoi le diable ?
Pour cuire
Pour en décuire
Toute sa vie
Et sa mort.
Un jet
De pierre,
Par terre.
J'ai dévalé une montagne,
Prise pour un rocher
Pour Le rocher.
C'est rigolo: monter, descendre
Des cendres plein les enfers.
Je suis partie de rien
Pour faire un peu de tout.
C'est ma cuisine, ma sauce.
Un peu sorcière,
Un peu vipère.
Un peu de ci,
Un peu de ça.
Abracadabra
Fais disparaître
Mon estomac.


Coralie Adato
(posté le 12/02/03)


PETITE FILLE GRANDE

Grande pour les autres
Mais si petite en elle.
Déchirure de l'intérieur
Sclérosant un mal rongeur
Toujours sourire et se vider d'amour
Aimer à vomir
S'oublier à aimer.
Petite fille et tes rêves colorés
Que tu ranges sous l'oreiller
Tu rêves d'une maman
Et d'un nounours,
De manèges enchantés
Et de bonbons glacés
Mais le matin,
Femme tu redeviens,
Cils allongés et parfum velouté.
Pourtant l'enfant que tu es
Ne peut rester cachée.
Parfois elle éclate, crie et pleure
Tourmentant ce corps pesant.
Tu rêves alors de fuir
Loin de ce monde cruel
Où la petite fille fragile que tu es
Ne peut trouver sa place.
Tous les jours tu erres dans tous les sens
Cherchant repères et reconnaissance
Petite fille, personne ne te croit
On rit de toi
Sans comprendre
Ce regard, si tendre .

Si seule dans sa tour d' ivoire
Recouverte d'un linceul
Qu'elle seule peut voir,
Elle pleure
Des nuits entières
Elle a peur
Sans repères
Serrant son nounours
Sur son corps décharné
Elle regrette la course
A la mort- éplorée- elle est
Si seule
Dans ce vide intérieur
Recouverte d'un linceul
Si seule- elle a peur.


ANOREXIE

Satané Anorexie
Satané Anorexie
Veux-tu partir
Me laisser agir !
Maigre mais heureuse
Mais grosse et affreuse.
Merde aux obligations
Merde aux interdictions.
Se laisser aller,
Se laisser voler
Manger comme tout le monde,
Chasser idées immondes.
Ras-le-bol de souffrir !
Quel est le pire ?
Vivre malheureuse
Ou mourir heureuse ?


CACHEXIQUE

Cache-sexe sic,
L'anneau au doigt,
L'anorexique
S'est mariée au roi.
Si puissance elle gagna,
Mère elle perdit,
Car en boule, l'y lis.
L'anneau de Lune est vide
Et tourne avide
La boule de l' Eau-tr' est pleine
Et cache sa p'haine.


PRENDS LA GARE DE TA VIE

.Souci d'anorexie
D'exhiber un corps amaigri
De crier aux autres:
" Ma vie n'est pas la vôtre".
Je vis d'isolement et d'eau fraîche
De peau jaunie et sèche.
Ma salade est nettement plus savoureuse
Que vos abjects morceaux de macreuse.
Elle craque sous les dents
Et je me délecte doucement
De ce bout de verdure
Qui me rend si pure.
Regardez vos joies, vos rires
Ce ne sont que piètres délires
Comparés à mon ascétisme maîtrisé
Qui me rend libre à crever.
Je ne vous envie pas.
D'ailleurs je ne vous regarde même pas.
Je vous suis juste des yeux
Pour m'assurer un peu mieux
Que mon corps transparent
Me porte sur le devant
De votre scène futile
Ô combien puérile.
Malheureusement, ma rivale de tous les soirs,
L'autre fille dans le miroir
Qui me ressemble et me dit : "
Tu sais l'anorexie,
Maladie narcissique qui te rend cachexique
N'est qu'une illusion
Dépourvue de passion.
Ta puissance n'est qu'un leurre
Qui fera sonner à son heure,
Le gals de ta mort
Ce glorieux passeport
Qui te fera comprendre
Mais un peu tard,
Que rien ne sert d'attendre
Comme sur un quai de gare
Une vie idéale et utopique
Avec un corps anorexique.
Tu as perdu ton temps,
Tu as fait perdre le nôtre,
Alors mange dorénavant
Et joins-toi aux autres."
Oh train ! Arrête-toi !
Car , oh arrête-toi,
Je veux quitter cette gare
J'ai en-faim fait le choix
D'être actrice de cette pièce à vivre
Pour goûter les jours à suivre.

Textes de Coralie Adato
(posté le 11/02/03)


LA VIE EST UNE MALADIE INCURABLE

Ma maladie, c'est la peur
Oui vous lisez bien la peur.
Elle empêche de vivre
Elle empêche de mourir
Mais elle est là et me vole ma vie.

Je la ressens, je la connais bien,
Et pourtant je n'arrive pas à la chasser !
Je sais d'où elle vient et pourquoi elle est en moi.
Elle vient de la famille !

Quel beau mot !
Parfois il me donnerait l'envie d'en fonder une.
Hors de question,
La famille est un leurre !

Sa définition est un leurre !
C'est juste une histoire de spermatozoïde et d'ovule.
Après il faut survivre et subir
On n'a pas notre objet transitionnel.

On est l'objet de jeux sexuels.
Le développement psychoaffectif a droit au jeu,
Un jeu de barbares qui torture le corps
Et fait s'échapper l'esprit.

La peur est là pour me rappeler cette humiliation
Qui fait de la vie une maladie
Une maladie incurable
Ma maladie, c'est la peur !

Y a-t-il quelqu'un pour me protéger du mot famille ?


sophie
(posté le 25/01/03)


La naissance et la mort

C'est juste une histoire
Avec un début et une fin.
C'est juste la vie
Qui commence et se finit.
Les gens ont peur d'en parler,
Se croient-ils immortels ?
Alors pour eux je n'ai pas de bonnes nouvelles !
La vie ne peut que se terminer.
Ils ont le droit d'avoir peur
Et sophie a peur
Car la fin ne prévient pas,
On peut juste l'estimer comme imminente ou pas !
Alors il faut vivre cette peur
Mais dans la solitude.
Personne ne veut en parler
Encore moins écouter.
C'est un sujet tabou,
Il est préférable de dire que la vie est belle,
Qu 'il faut profiter d'elle
Sans dire qu'on arrive au bout !

Alors d'accord faisons comme ça !
Sophie est bien dans sa tête et dans son corps,
Elle est rayonnante de bonheur
Et son coeur n'est pas fatigué.
Elle n'a pas besoin de se battre
La vie lui apporte toutes les joies qu'elles désirent,
Elle est entourée et aimée,
Elle respire la joie de vivre !
Quel tableau magnifique !
Quel tableau de rêve !
Quel tableau impossible !
Parce que la vie a déjà été trop difficile.

Sophie se bat,
Mais pourquoi et pour qui ?
Ça n'a aucun sens tout ça,
C'est beaucoup trop de souffrance.
Il lui manque de l'amour
C'est ce qui lui paraît essentiel
Mais les gens ont bien d'autres priorités
Que d'écouter sa souffrance, essayer de la comprendre
Mais surtout lui donner juste un peu d'amour
Pour qu'elle ait envie de voir le prochain jour !


s.....
(posté le 15/01/03)


Sophie a peur


Je me sens triste
Qu'est-ce que ça veut dire ?
Peut être juste que j'existe
Et que je suis en train de vivre.


Je me sens vide.
Mais qui se sent vide ?
Sophie,
Qui Sophie ?


Qui est Sophie ?
Le corps ou l'esprit ?
L'esprit,
Le corps est bien trop sali.


Le corps n'est pas digne de vivre
Mais pourquoi priver sophie ?
Parce qu'elle est coupable,
Elle ne l'a pas protégé.



On lui a offert ce corps,
Le plus beau cadeau de l'existence.
On lui a offert la vie avec lui,
La plus terrible des punitions.


Elle ne peut plus en changer
Elle doit le garder
Et surtout bien le laver
Car il a été souillé.


Comment le supporter ?
Elle ne peut pas.
Elle vit dans la souffrance
Mais c'est une dette qu'elle doit payer.


Elle lui laisse la vie
Et prends même sa douleur.
Elle fait tout pour se rattraper
Mais elle se fait rattraper.


Qui est entré dans ce corps ?
Qui est entré dans cet esprit ?
La maladie
L'anorexie.


Que veut-elle ?
Elle veut aider sophie.
Mais à quoi ?
A supprimer le corps.


Sophie n'a pas le droit !
Ce n'est pas elle,
C'est la maladie
C'est l'anorexie.


L'anorexie est un autre cadeau ?
Oui, la vie aime finalement beaucoup sophie.
Elle veut la garder et lève la punition,
Elle n'est plus obligée de garder ce corps si sale !


C'est grâce à l'anorexie !
Elle prend toute sa souffrance
Et prend le corps !
Sophie va-t-elle pouvoir être libérer de toute cette saleté ?


Sophie veut-elle vraiment mourir ?




.....sophie
(posté le 11/01/03)


INTROSPECTION

Une époque poétique
Une figurine si sage
Aliénée de polémiques
Révélée âme en otage
Un vide nommé chaotique
Forgé de ses anthropophages

Un profond désir famélique
Avortés mes idéaux diaphanes
Destinée à une vie pathétique
En putréfaction, qui se fane
Mon esprit confondu maléfique
Duquel l'impur émane

Les anges frénétiques
Fangent ma solitude
Affublée de l'Onirique
Vitupérée par la mansuétude
Effacée par l'Utopie narcissique
Mon esthète se dénude

Inconnue de l'éthique
Le Néant me gouverne
Ce corps tant voulu épique
Toutes les nuits saigne
Un long monologue sarcastique
Achever l'épilogue dans l'arène

Tristana
(posté le 02/11/02)




MA VIE DOULEUR

Ma vie je beurre
A l'ombre matinale
Dépourvue de ferveur
D'un geste machinal
Je cultive mes rondeurs
Cette drogue infernale

Ma vie mécoeure
A la mélodie joviale
Mes désirs vainqueurs
De mes luttes frugales
J'alimente mon malheur
Cette appréhension glaciale

Ma vie je pleure
Au grincement crucial
Exhaustif labeur
Nébuleuse marginale
Saigne mon coeur
Cette overdose radicale

Ma vie je meurs
A la perle ancestrale
Atrophiée ma maigreur
Du stigmate abyssal
Déchue par l'erreur
J'habite ma pierre tombale

Tristana
(posté le 02/11/02)




Anorexie,
quand parfois tu reviens me prendre,
je prends un levier pour soulever ce bloc si lourd que tu poses sur l'issue de sortie
et de toutes mes forces je te soulèves et enfin la lumière revient.
Si parfois je me sens fatiguée,
j'ai commencé à trouver mon rythme et je m'obverve doucement
si necessaire je me repose.
Mais quel plaisir de me connaitre aujourd'hui ou de plus en plus souvent je maitrise ta vague.

Myriam.
(posté le 28/09/02)




PARS

Je t'ai laissée entrer en moi
Je me suis réfugiée dans tes bras
Aveuglément, je t'ai vite obéie
tu t'es aussitôt emparée de ma vie
Trop intense, tu m'as fascinée
Enivrée, je n'ai pas voulu me dégager

Tu as tout erradiqué autour de moi
mais ma chair infinie ne veut pas partir
alors tu continues de me faire souffrir
tu as semé un vide atroce en moi
corps désert, froid, il ne reste rien
juste la terreur d'avouer ma faim

Tu as pris possession de mon âme entière
Envahie, je ne parviens plus à m'échapper
je suis devenue ta prisonnière
tu fais de moi ce que tu veux
et mon corps sonne de plus en plus creux
Spectre vertigineux, tu m'as enlacée

Depuis peu, je tente de lutter
mais tu es plus forte que mes armées
Fidèle, tu reviens toujours me hanter
je t'aime et je te hais à la fois
souffance et jouissance se sont mêlées
Tout n'est plus qu'horreur et effroi

Pars, Anorexie, car tu brises ma vie

Laura
(posté le 10/06/02)




Espace désert au fond de moi
Un vide mortel qui tourne la tête
Il fait trop chaud, trop mal, trop froid
Mon ventre pleure sa dernière fête

Espace acide au grand soleil
Et qui réclame de plus en plus
Et qui n'a que pour seule oreille
Une âme sourde qui ne voit plus

Espace hurlant caché de chaire
Personne ne voit, personne n'entend
Un corps se froisse dans le tonnerre
Un corps qui rit couvert de sang

Espace désert au fond de moi
Une main de fer qui crisse ses toiles
Il fait si beau, au loin là bas
Quand notre âme reste sous les étoiles.

Katia
(posté le 28/04/02)



Sur l'oreiller...


Sur l'oreiller, a glissé une larme désespérée,
Ultime sanglot d'une souffrance trop longtemps dissimulée.
Sur l'oreiller, elle a choisi de poser sa tête
Pour ne jamais la relever : elle a enfin le coeur en fête.

De ce mal qui la ronge, qui la détruit peu à peu,
Elle ne veut plus être la prisonnière.
Un seul remède à cela : le Feu
...Celui de la Mort qui l'arrachera à sa misère.

Autrefois remplie d'espoir,
Elle a depuis longtemps sombré dans le noir.
Elle ne vit que pour ses regrets.
Une évidence : elle ne s'en sortira jamais.

Son corps tremble, elle a peur ;
Et pourtant son visage est serein.
Car passé l'acte dévastateur,
Elle trouvera enfin la paix, son chemin...

Ses doigts se crispent sur la détente.
Elle a choisi une mort violente :
Équivalente à sa souffrance,
Pour que l'on sache ce qu'elle a subi en silence.

Elle aurait tellement voulu crier sa peine,
Déposer ce fardeau sous lequel elle ploie.
Mais dans ce monde, pas de place pour les faibles.
On ne lui a guère laissé le choix.

C'est l'heure, on l'appelle.
Elle jette un dernier regard autour d'elle,
Puis ferme les yeux. Le coup retentit.
S'en est fini, elle a quitté sa vie.

Sur l'oreiller, dans le sang qui se répand,
Il ne reste plus qu'un corps inanimé.
Ne pleurez pas, et regardez plutôt prestement
Le sourire qui illumine ce visage enfin apaisé.

Sur l'oreiller, la Mort est passée.
Sur l'oreiller, elle est heureuse, à jamais...

Vanessa (****Andromède)
(posté le 27/04/02)


Ne plus avoir peur du soleil éclatant
Ne plus avoir peur de ces corps différents
Puisque je meurs,
que je descends,
dans la chaleur,
d'un autre temps.
Plus rien ne compte dans ma vie
Marre de la jouer seule dans mon lit
Je veux partir loin dans les cieux
Je veux vomir au nez des vieux
Eclabousser leur gueule de sang
Hurler de haine en dégueulant
J'emmerde les gens qui ferment les yeux
Rire et souffrir, c'est tout c' que j' veux.

Katia
(posté le 06/02/02)




On se surprend à fuir les heures
N'importe comment, glissant hors-piste
Entre les rêves, la vie, les peurs
Rayant nos noms sur les bonnes listes

On se surprend à fuir les gens
Ceux qui s'accrochent aux bons wagons
Et qui résistent comme des enfants
Sans se poser les vraies questions
On se surprend à fuir son ombre
Frôlant les murs de l'au-delà
Cacher sa mort sous les décombres
D'un autre temps qu'on regrettera

Et à vouloir tout éviter
On en oublie ce qui va bien
On en oublie ce qu'on a fait
Depuis qu'on a quitté le train

Katia
(posté le 31/01/02)


Tantôt portée vers l'un, tantôt vers l'autre. Je ne sais comment sortir de cette impasse et pourtant j'y parviens presque parfois, PRESQUE ! Mais ce n'est qu'illusion car le monstre me poursuis. Je l'appelle le "monstre" car il me fait peur, et curieusement je ne sais décrire ce mal. Comment dire je sais que quelque chose ne va pas dans mon comportement mais personne ne semble le remarquer autour de moi donc je me dis que tout va bien. Mais est ce vraiment normal de consommer tantôt 800 calories et pantôt 3000 calories par jour ? Je ne pense pas. Et que dire encore deces marques sur mon corps que l'on nomme "vergétures" et qui m'obsède. N'est-ce pas une preuve pour mon entourage? Actuellement, je n'ai rien à ajouter si ce n'est que ma dernière crise s'est soldée avec un paquet de gâteaux dans mon estomac ! Quelle Honte !
Sophie
(posté le 30/01/02)


Dans moins d'une heure.

Ses yeux chavirent
Ses mains tremblent
Regards qui tirent
Sous tous les angles
Elle va sortir
Elle va courir
Dans moins d'une heure
Elle va s'étendre

Son visage creux
Semble déjà loin
Son estomac
Meurt au combat
Elle va sortir
Elle va courir
Dans moins d'une heure
Elle partira

Son stylo crisse
Sur du papier
Elle laisse sa trace
Désespérée
Elle va sortir
Elle va courir
Dans moins d'une heure
Sur l'escalier

Ses lèvres se pincent
Ne pas pleurer
Ses rêves s'écrasent
Défénestrés
Elle va sortir
Elle va courir
Dans moins d'une heure
Sans hésiter

Ses jambes l'entraînent
Comme malgré elle
Ses doigts se crispent
Sur la lame frêle
Elle va courir
Elle va s'ouvrir
Dans moins d'une heure
Sans regarder

Ses yeux chavirent
Ses mains tremblent
Le sang s'écoule
Le ciel l'étrangle
Elle va mourir
Elle va mourir
Dans moins d'une heure
Le bras en cendres.

Katia
(posté le 29/01/02)


Cicatrine

Mon corps est plein de cicatrices mais personne ne les voit
Certains peuvent en apercevoir quelques unes
Parfois j’en montre quelques unes mais je ne veux pas qu’elles fassent du mal aux autres
L’ensemble, même moi je ne le connais pas, j’en découvre à chaque introspection.
Leurs profondeurs sont difficiles à déceler
Celles qui font mal sont-elles fraîches ou profondes ?
Celle qui se cicatrisent sont-elles guéries ?
Au nombre de mes cicatrices, on pourrait penser que je suis plus vieille que mon âge tant il y en a.
Je n’avais pas conscience de tout cela avant que mon corps se rebelle, je pensais aux grandes lignes de ma tristesse, les lignes dédiées aux autres qui ne sont plus là, les lignes de celle qui m’a enfantée et qui pense avoir le droit de vie et de mort sur moi.
Ces lignes ne sont pas à moi. Je les lis mais je ne dois pas me les approprier.
Catherine
(posté le 17/01/02)


L'histoire de la gardienne du phare

.Dans un monde plus ou moins réel, il y avait , au milieu de l'ocean, une zone tumultueuse appelée l'archipel des tenebres. C'etait quelques recifs dangereux et un phare y était construit. Les bateaux evitaient le secteur mais il y avait toujours quelques temeraires capitaines qui s'y approchaient et c'était tres dangereux car un fort courant pouvait attirer les navires contre les rochers. Aucun navire n'avait jamais reussi a penetrer dans l'archipel tant les recifs y étaient dangereux. Personne ne savait ce qu'il y avait sur ces iles et de fortes legendes attestaient l'existence de creatures monstrueuses, serpents de mer, mollusques geants et dinosaures en tous genres. Les hommes avaient quand même reussi à eriger un phare sur un recif excentré et l'on raconte que tous les ouvriers, revenus sur le continent furent sujets à d'etranges troubles hallucinatoires.
. Personne ne voulait aller travailler sur ce phare tant cette zone inspirait la terreur. Puis, au grand desespoir de ses parents et amis, une jeune fille, Anne, eut la tentation d'aller assurer quelques mois de presence. C'était pour elle l'occasion de fuir une vie qu'elle refusait, son pere l'ayant promis au fils d'un riche commercant, pour la somme de 350 euros, plus une television et un bouquet de chaine numerique, ce qui a l'epoque n'était pas si mal payé. Nous ne savons pas grand chose des raisons qui pousserent Anne a s'engager, si ce n'est ce refus de ce mariage et peut-être un certain gout pour le danger. Come aucun navire ne voulait l'amener sur le recif, elle dût prendre elle même un petit bateau . La traversée dura six jours. Et c'est au septieme jour, une fois arrivée qu'elle s'apercut qu'elle n'avait pas apporté assez de nourriture pour les 6 mois. Ce n'était pas si grave, elle n'aurait qu'a retourner sur le continent lorsque ses reserves s'amenuiserait.


Les premieres semaines furent merveilleuses, Anne vivait un réel bonheur à allumer son phare lorsqu'un bateau, au loin apparaissait. Il en passait une dizaine par jour, ce qui laissait beaucoupde temps a la jeune fille. Elle adorait s'asseoir au pied du phare et rester des heures a scruter la mer. La nuit tombée, elle s'installait derriere, coté ouest et c'était extraordinaire de voir le soleil se coucher sur les iles des tenebres. Anne n'eprouvait aucune inquietude. Le soir, un vent chaud, issu de l'archipel venait l'envelopper dans une douce torpeur. De magnifiques oiseaux venaient lui rendre visite et quelques dauphins pirouettaient dans la baie. Quelquefois la sonnerie du radar retentissait et Anne , completement hebetée remontait dans le phare et l'allumait. Elle guidait le bateau, se surprenant à parler à voix haute "par la, redresse, tout droit". Une fois le bateau tiré d'affaire, celui ci donnait un coup de corne et Annes'en ressentait gratifiée. Les marins la remerciaient pour ce qu'elle était. Peut-ête pour la premiere fois, elle se sentait libre, elle même, sur son ile de 1O metres carrés.
. Il se passa neammoins quelque chose d'étrange. Habituellement, les navires évitaient la zone, trop dangereuse mais depuis que le phare fonctionnait, les capitaines repasserent devant l'archipel, ce qu'il leur faisait gagner beaucoup de temps. Le phare empechait tout reel danger, mais c'est quand même avec une certaine aprehension que les navires s'engageaient dans la zone. Tous les marins ressentaient une profonde admiration pour la jeune fille sans peur, celle qui osait rester dans cette zone maudite.
. au second mois, Anne comprit qu'il lui fallait retourner sur le continent chercher de la nourriture. Cette perspective ne l'enchantait guere alors elle choisit plutot de moins manger, economisant ses reserves. Elle diminua ses rations par deux, puis par trois. Ce jeune lui donna une force terrible, en faisant attention, elle pourrait durer les six mois avec ce qu'elle avait amené pour deux. C'a n'avait pas l'air difficile. Finalement , on pouvait tres bien vivre en mangeant peu, il suffisait d'avoir de la volonté.
. Cela dura quelques semaines. Anne se nourissait de trois fois rien et curieusement elle n'en ressentait aucun inconveniant, elle se trouvait forte, parfaitement capable de maitriser son corps. et cela lui donnait une puissance infinie comme si elle evacuait d'elle tout besoin animal, comme si elle se rapprochait des dieux. .Puis un jour de tempête, un navire, poussé par de rebelles courants s'approcha dangereusement de l'edifice. Anne l'avait vu, elle le guida pour le mieux, mais la mer etait trop fortes, le bateau semblait inexoralement vouloir s'ecraser contre le recif. Anne descendit du Phare, et debout, hurlait au bateau, qui était à moins de 1o metres, de s'eloigner par tout les moyens. Le bateau reussit à reprendre le bon cap mais dans l'esprit des marins, une image resta, celle d'une creature decharnée hurlant à tous les vents, une vision de cauchemar. Ainsi naquit la legende de la folle du phare.....


"Puis, un jour, s'approcha un vaisseau commandé par le capitaine Hung. tout marin avait entendu parler de ce valeureux marin et chacun en causait a voix basse, avec respect. L'histoire racontait que le capitaine, alors jeune sous officier, avait été le seul survivant du naufrage de la Belle Normande, un vaisseau de 36 canons qui avait sombré au sud de l'ocean. Le capitaine s'était accroché à un tonneau et avait dérivé plusieurs jours jusqu'a ce qu'il echoue sur une ile jusqu'alors inconnue. Il y resta dix ans, se nourrissant de ce que la maigre nourriture de l'ile pouvait lui offrir. On le retrouva, squelletique, hagard, ne sachant même plus son nom; . Il avait alors 32 ans, mais en paraissait le double. Il avait ensuite repris du service et c'est lui qui s'approchait, a present de l'archipel des tenebres;
- Nous approchons capitaine, lui annonca le second
-Approchez vous du phare
- Mais capitaine, nous allons nous échouer?
- Je veux juste la voir.
Personne n'aurait pu envisager de contredire un ordre du capitaine hung;
.........


. dans la cabine du phare, Anne paniquait. Le bateau ne tenait aucun compte de son guidage, il approchait dangereusement du phare. Alors, Anne , a moitié nue, dévala les escaliers, sortit et se mit à hurler en gesticulant. .........
-La voila, murmura Hung, qui l'observait de sa longue vue. Cela dura quelques secondes, puis d'une voix glaciale; le capitaine oprdonna de reprendre le cap. Puis il tourna la tête et dit a son second: - Preparez moi une chaloupe , quelques vivres un fusil et avertissez le poste central qu'a present, plus aucun navire ne doit passer par l'archipel des tenebres; son visage n'exprimait aucune emotion.
.......
. Le temps passait. anne ne mangeait presque plus, il lui restait encore quelques yaourts, quelques soupes en poudre et heureusement, suffisement d'eau. elle n'etait pas inquiete, elle se sentait superieure. le sang ne la souillait plus. D'ailleurs elle pensait pouvoir arreter la circulation de son propre sang, ainsi elle pourrait moins manger. Mais une veritable terreur s'empara d'elle au moment ou elle s'apercut que depuis deux jours, plus aucun bateau ne passait par la. Qu'arrivait- il? A quoi donc servait-elle? et mon dieu, elle n'avait plus rien a manger.La panique la submergea. Pendant plusieurs jours, aucun navire ne fut annocné. Anne passait des heures à pleurer, fixant le cadran du radar qui restait desesperant vide; Pour la premier fois, elle songea à rentrer, mais elle ne se sentait plus la force d'affronter une nouvelle traversée; Puis un matin, alors que plus aucune force ne semblait l'habiter, elle trouva au bord du recif, un assortiment de fruits dans une corbeille de lianes tressées. sans hesiter, elle le devora tout, ne laissant rien. Mais son corps ne put supporter une telle ingerenc'e de nourriturre. Elle dut tout rendre. Elle se mit a reflechir, Que lui arrivait-elle? Pourquoi n'arrivait-elle pas a manger? Ces questions semblaient sans reponse, elle se senrir vide, anéantie. .Le lendemain, apres une nuit de cauchemar , anne constata qu'une autre corbeille l'attendait. Elle voulut manger mais ne reussit a ingurgiter qu'un demi Kiwi. Elle resta des heures, les yeux fixés sur la nourriture, reflechissant a d'angoissante question qui la faisait remonter a sa plus haute enfance. Cela dura quelques semaines, tantot Anne devorait tout, puis vomissait, tantot elle laissait la nourriture.
Puis un matin, anne descendit du phare et poussa un cri d'effroi. Le sol etait couvert de petits crabes qui devoraient avec gourmandise toute la nourriture quAnne avait laisé pourrir, et tout ce qu'elle avait rendu. Il y en avait des milliers. Anne ferma la porte et remonta dans la tour. Cette fois c'etait la fin, anne desirait vraiment mourir, son seul espoir residant dans l'idée que tout cela devrait finir. ....
Au loin le capitaine Hung observait, en cres quelques semaines, il paraissait avoir vieilli de 100 ans. . Il attendit puis se lanca dans une sorte d'exercice mental. Les crabes se retitrerent, laissant l'ile d'une propreté etincelante. De sa vie de naufragé, Hung avait retenu une chose. Il savait parler aux animaux, et mon dieu c'etait plus facile que de parler aux hommes. .....
Anne refusait de descendre, elle ne se donnait plus que quelques heures de vie. Elle entendit frapper a la vitre. Un oisaue lui apportait une banane, puis une sorte de pelican lui amena une moitié de noix de coco. . Anne se mit a pleurer de joie. Tout les matins, les midis et les soirs, des oiseaux lui amenaient a manger. Anne reprit gout a la nourriture, que pouvait-on refuser aux oiseaux? . La jeune fille reprit vite une silhouette et un poids. Le sang se remit a couler, et miracle, la sonnerie du radar retentit. Anne fut prise d'une grande joie et chercha le bateau des yeux mais n'en vit aucun, elle finit par localiserla raison de la sonnerie, le radar lui annoncait un bateau arrivant des iles des tenebres. . Elle prit ses jumelles et en effet apercut un petit bateau s'appraochant, accompagné d'une nuée d'oiseaux, et precedé de dauphins acrobates; . Anne descendit et regarda le bateau s'approcher. Un homme sans agedescendit, il paraissait avoir 250 ans. Il prit pied sur le recif et leva les bras. Aussitot tous les oiseaux disparurent;Il parla -" Depuis que tu es la, rien ne va plus, ca faisait des siecles que je vivais sur ces iles, loin des hommes. Tu m'as amené le chaos, et tu m'as aussi fait comprendre que je devais retourner parmi les miens., . Je retourne sur le continent et tu dois venir avec moi.Le veux tu?Anne demanda - tu m'apprendra a parler aux oiseaux?

Fin
Voila, une petite histoire a vertu therapique, du moins je le crois.
Amicalement;
eric.maneval@libertysurf.fr
(posté le 27/12/01)


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SOMMAIRE


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