Anorexie ?
Je m'interroge

Quels sont les signes ?

Le signe qui inquiète en premier lieu l’entourage ou les médecins est la perte de poids spectaculaire associée au fait que la personne affirme que tout va bien, refuse de reconnaître son amaigrissement, ou du moins sa gravité, et n’admet pas l’inquiétude autour de sa santé. La personne anorexique ne se voit pas maigre, et même le plus souvent, se voit trop grosse.

D'autres signes peuvent alerter

Des symptômes physiques

  • Une aménorrhée : la dénutrition entraîne la perte des règles;
  • Des insomnies, une chute de cheveux, une fatigue permanente, une sensation de froid ;
  • Des malaises et des chutes de tension

Des comportements

  • Une activité scolaire ou professionnelle particulièrement intense.
  • Des stratégies pour perdre du poids : prise de diurétiques, tendance à la potomanie, prise de laxatifs, vomissements, prise d’extraits thyroïdiens, omissions volontaires d’insuline chez les diabétiques...
  • D’autres comportements peuvent apparaître : repli sur soi, dépression, automutilations, tendances suicidaires...

Les éléments essentiels pour un diagnostic d’anorexie sont

  • La perte radicale de poids liée au refus de la nourriture avec l’amaigrissement qui s’en suit
  • La perception perturbée de l’image du corps.
  • L’aménorrhée.

On distingue l’anorexie restrictive pure et des variations phénoménologiques où la consommation de nourriture est accompagnée de vomissements ou d’autres formes d’évacuation (laxatifs ou hyperactivité).

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Qu’est-ce que l’anorexie ?

Il y a trois grands axes pour penser l'anorexie

L'anorexie comme trouble

Le premier axe, l'anorexie comme problème, correspond aux psychiatriques actuelles aux approches, amplification influencées par les courants anglo-saxons.

Il trouve son expression la plus systématique dans les classifications? De type descriptif de la psychiatrie américaine , Et au niveau thérapeutique dans les approches cognitivo-comportementales.

L’anorexie est analysée en termes de troubles rapportés à une normalité posée comme telle :

  • Trouble du comportement alimentaire
  • Trouble de l’image du corps
  • Associés à des troubles de la personnalité

Dans ce courant, on est amené à distinguer diverses formes d’anorexie en fonction de la variété des troubles que présente la personne.

L'anorexie comme solution

Le deuxième axe correspond à la tradition psychanalytique.
Il met le sujet au cœur de la « maladie » dont il est le porteur.

Il fait de cette « maladie » son énigme et le responsabilise dans son dire autour de ce qui l’a causée. Cet axe correspond sur le plan thérapeutique aux thérapies dites analytiques et aux psychanalyses.

Il s’agit pour ce courant de mettre en relief la position subjective du sujet pour pouvoir aborder son anorexie.

Dans cette perspective, l’anorexie avant même d’être un problème ou un trouble, est un traitement, une solution produite par le sujet, inconsciemment, comme l’unique réponse possible, la meilleure solution devant quelque chose d’insoutenable pour lui à un certain moment de son histoire. Le sujet a rencontré une difficulté insurmontable au sens d’une incapacité à symboliser ou à traiter une poussée pulsionnelle en excès, dans son rapport aux autres. Attention, cela ne signifie pas que son entourage lui a fait vivre quelque chose de traumatique. Cela signifie que le sujet n’a pas trouvé d’autre solution.

Cette difficulté insurmontable n’est pas accessible directement :

le sujet n’en est pas conscient, et c’est l’enjeu d’une thérapie, non pas de rechercher des causes mais de parvenir à construire d’autres solutions.

L'anorexie comme révélatrice? D'une pathologie du lien familial

L’anorexie d’une personne se présente souvent comme partenaire de l’angoisse des parents. Ce sont eux d’ailleurs qui, le plus souvent, alertent, s’angoissent.

Il est donc souvent difficile de séparer le symptôme de l’anorexique et l’angoisse des parents. Cet axe amène à repenser le travail thérapeutique en prenant en compte le système familial.

Cet axe, qui n'est pas incompatible avec les précédents, un conduit à préconiser des thérapies familiales pour les personnes anorexiques.

La difficulté propre à l’anorexie

L’anorexie, tant qu’elle est dans ses formes les plus pures, se présente comme une solution pour le sujet et non pas comme un symptôme dont le sujet souffre. C’est pourquoi il est difficile pour un sujet anorexique de demander de l’aide. Mais les conséquences peuvent être extrêmement dangereuses, et entraîner un risque vital.

Son symptôme ne comporte, pour le sujet anorexique, aucune dimension énigmatique qui la pousserait à s’interroger et à venir chercher de l’aide dans ce questionnement. Il ne comporte pas non plus une dimension d’insupportable comme c’est le cas dans la boulimie.

C’est donc une catégorie de symptôme particulière, qui présente des similarités avec ce qui se rencontre dans les toxicomanies.


Que faire ?

Anorexie infantile ou
? Anorexie précoce,
? Anorexie de l'adolescence,
? Anorexie tardive

La plupart des anorexies se déclenchent chez les jeunes filles à l’adolescence, souvent subitement après l’irruption soudaine et inassimilable d’un trop plein qui prend des formes aussi diverses que :

  • Un traumatisme suite à une perte
  • La trahison d’un/e amie/e
  • La rencontre avec la jouissance sexuelle
  • La parole ou le silence inassimilable du parent
  • Un jugement insatisfait d’un enseignant
  • Ou, un banal accident

Ces événements révèlent une non-acceptation fondamentale de l’état de son propre corps comme corps pulsionnel, sexué, féminin.

Il existe également des formes d’anorexie très précoces, dès la naissance :

  • Anorexie précoce passive du nourrisson révélant un refus du nourrisson à l’entrée dans le monde.
  • Anorexie d’opposition active correspondant à un refus du sevrage.

Les anorexies tardives se déclenchent généralement après le mariage ou après la naissance du premier enfant ou après une séparation amoureuse, des événements qui révèlent souvent une difficulté qui était latente à l’adolescence.

Éléments d’histoire de l’anorexie

L’anorexie n’est pas une problématique exclusivement contemporaine. Néanmoins, elle a un développement récent.

Dans les années d’après-guerre en Europe, les anorexiques sont peu nombreuses et présentent exclusivement des symptômes d’anorexie restrictive pure.

Les années 1970 marquent la diffusion du phénomène de l’anorexie mentale aux Etats-Unis à un niveau quasi épidémique. Les psychiatres notent la connotation sociale de ce phénomène : cette maladie frappe les filles des familles aisées, cultivées et prospères, non seulement aux Etats-Unis mais dans les pays riches.

Sont incriminés des facteurs socio-psychologiques comme l’influence envahissante des médias, de la mode, la propagation d’un idéal de maigreur du corps féminin.

Les années 1980 et 1990 marquent le début d’une nouvelle époque dans l’histoire de la diffusion du symptôme anorexique. Son cadre se complexifie. Les formes qui comprennent des pratiques d’évacuation, avec ou sans vomissements, prennent le dessus par rapport aux anorexies restrictives et la boulimie devient le véritable phénomène clinique épidémique de ces années-là.

C’est la consommation déréglée d’aliments qui occupe le devant de la scène, tantôt dans sa version boulimique de remplissage et vidage du corps, presqu’exclusivement chez les femmes, et le plus souvent à la puberté, tantôt dans l’incorporation sans évacuation qui caractérise l’hyperphagie et conduit à l’obésité avec sa diffusion impressionnante : celle-ci s’observe autant chez les femmes que chez les hommes, et souvent dès l’enfance. Anorexie et boulimie ne sont plus les prérogatives d’une classe sociale aisée et se sont développées dans les couches populaires des pays développés.

Des études récentes indiquent que les symptômes d’anorexie-boulimie se diffusent au-delà du monde capitaliste occidental.

Mise à jour le 24 avril 2017

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