Boulimie ?
Je m'interroge

Quels sont les signes ?

Le signe distinctif de la boulimie est la répétition de « crises de boulimie ». La crise de boulimie consiste à ingérer de façon compulsive des quantités importantes de nourriture. La personne est saisie d'une envie, d'un besoin, irréprimable de manger, sans rapport avec la faim, la gourmandise, le repas. La crise de boulimie peut être rapide ou au contraire durer plusieurs heures. L'ingestion est suivie le plus souvent par un sentiment de honte, de culpabilité, de colère ou de dégoût.

La personne boulimique a alors recours à des méthodes compensatoires (Vomissements, laxatifs, sport pratiqué de manière intensive, alternance de période de jeûne ...) qui cherchent à effacer les crises de Boulimie. Dans la réalité, ces méthodes font que les personnes boulimiques ont le plus souvent un poids qui ne se remarque pas.

D'autres signes peuvent alerter

  • Le gonflement des glandes parotides, des crevasses aux doigts, dues aux vomissements.
  • Des lésions bucco-dentaires.
  • Une hypokaliémie (baisse du potassium) qui peut entraîner des troubles cardiaques.
  • Une peur de grossir presque permanente.
  • La répétition des régimes.

ils/elles s’expriment sur ce sujet, sur le blog

Qu’est-ce que la boulimie ?

Il y a plusieurs axes pour penser la boulimie.

La boulimie comme l’envers de l’anorexie

La boulimie est souvent considérée comme liée à l’anorexie dont elle serait l’envers. La crise de boulimie surviendrait à force de restrictions alimentaires.

En fait, on assiste, depuis plusieurs années, à une diversification des symptômes allant de l’anorexie pure à la boulimie franche ; il y a très souvent des alternances boulimie/anorexie avec survenue de vomissements, ou de comportements compensatoires (sport à outrance par exemple) et des conduites associées : alcoolisme, toxicomanie …

La boulimie est appelée « crise » et alterne avec des périodes de jeûne drastique.

Le textareame « hyperphagie » a été créé pour rendre compte des comportements qui sont exclusivement orientés par le fait de manger en excès là où la boulimie/anorexie répond au besoin obsédant de maigrir.

La boulimie comme une toxicomanie sans drogue

La boulimie présente des traits qui s’approchent de ceux de la toxicomanie. Selon les savants de la biochimie du cerveau, le mécanisme déclencheur des crises de boulimie suit exactement le même circuit dans le cerveau que celui du toxicomane. Nécessitant des doses à chaque fois plus importantes de drogue ou de nourriture pour combler la sensation de manque, ou du moins, essayer, le circuit dopaminergique, régulateur du système de la récompense, se trouve perturbé.

La boulimie serait donc une toxicomanie sans drogue. La personne boulimique détiendrait, avec la nourriture, une modalité de jouissance qui n’implique pas une altérité quelconque, qui désinvestit les objets du monde extérieur.

Cette approche de la boulimie a contribué à mettre en avant le soin à travers des groupes de parole. Les groupes de parole permettent que des personnes partageant le même symptôme se retrouvent pour parler de ce qu’elles vivent ; elles y découvrent que l’autre, même s’il partage ce symptôme, est radicalement différent, radicalement autre.

La boulimie comme trouble

Cet axe correspond aux approches psychiatriques actuelles, largement influencées par les courants anglo-saxons et trouve, comme pour l’anorexie, son expression la plus systématique dans les classifications de type descriptif de la psychiatrie américaine, et au niveau thérapeutique dans les approches cognitivo-comportementales.

La boulimie est analysée en termes de troubles rapportés à une normalité posée comme telle. La personne boulimique ne serait pas en mesure de s’alimenter correctement et il faudrait rééduquer son rapport à l’alimentation.

Dans les faits, beaucoup de personnes boulimiques ont un rapport très clivé à l’alimentation. Elles sont expertes en principes nutritionnels, en diététique. Elles peuvent même cuisiner avec raffinement. Mais cette expertise cohabite avec des moments de dérèglement total où elles font l’exact opposé de ce qu’elles ont prôné et consomment en abondance des aliments qu’elles considèrent comme interdits le reste du temps.

D’autres n’ont pas ce rapport clivé à l’alimentation et vivent dans un rapport totalement déstructuré à l’alimentation. Elles ne font plus de repas, mais uniquement des crises de boulimie, et des moments de compensation. Lorsque la déstructuration atteint un point extrême, il est nécessaire d’envisager une hospitalisation comme préalable à toute psychothérapie.

La boulimie comme solution

Cet axe correspond à la tradition psychanalytique. Il a rencontré le sujet au cœur de la «maladie» dont il est le porteur. Il fait de cette « maladie » son énigme et le responsable dans son dire autour de ce qui l'a causé. Cet axe correspond sur le plan thérapeutique aux thérapies dites analytiques et aux psychanalyses. Il s'agit de la position subjective du sujet pour pouvoir aborder sa boulimie, la sienne, qui prend un sens par rapport à son histoire.

Dans cette perspective, la boulimie, avant Même d'être un problème, un traitement, une solution produite par le sujet, inconsciemment, comme l'unique réponse possible, la meilleure solution Devant quelque chose d'insoutenable pour lui à un certain moment de son histoire.

Mise à jour le 2 mai 2017

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