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Mon anorexie, cet enfer

Par : Liloo

Je m’appelle Liloo, j’ai 14 ans et je suis tombée malade à l’âge de 12 ans et demi. J’avais une corpulence tout à fait normale et était tête de classe mais je n’étais pas bien dans ma peau. J’ai voulu commencer un petit régime, histoire de perdre 1 ou 2 kilos. Ca a débuté par un poisson pané au lieu de 2, une cuillérée en moins de purée… bref mes parents ne s’apercevaient de rien.

Ca a rapidement dégénéré, je me pesais toutes les heures quasiment, et si j’avais pris 100 grammes, c’était la catastrophe. Je faisais du sport, me détestais.

Pendant les grandes vacances 2013, j’avais 13 ans depuis peu, ma mère a commencé à vraiment s’inquiéter mais nous étions en froid, alors elle n’a pas essayé de me faire manger plus. Elle pensait que ça ne servirait à rien, ce n’était pas faux. Un soir, je l’ai trouvé en larmes dans sa chambre, elle m’a dit qu’elle avait très peur que je sois anorexique. Je lui ai dit que ce n’était pas du tout ça, de ne pas s’inquiéter. Elle m’a demandé mon poids, je lui ai menti de 3 kilos. En rentrant, elle l’a su et mon enfer à vraiment commencé.

A la rentrée de septembre, je rentrais en 4ème, je n’étais plus qu’un sac d’os, mais je voulais encore maigrir. J’étais hyperactive et avait les idées noires. J’avais l’impression de glisser sur les parois d’un trou sans fin. J’ai alors commencé à aller voir une psychiatre, à Paris. Et je me suis faite hospitalisée le 30 septembre.

La semaine où je suis rentrée, je suis allée directement en réanimation, mon pouls battait à 20-25, la normale minimum étant de 50. On m’a posé des électrodes et une sonde. Cette chose qui passe dans le nez et va à l’estomac. On me donnait **** calories pas jours, par la sonde. Mais je n’ai repris qu’un ou deux kilos. Mon pouls est remonté en une semaine. Je suis allée à l’unité psychiatrique d’urgence. Mais une semaine et demi plus tard, j’était à l’unité d’hospitalisation longue.

La chose la plus dure, a été la “séparation”, je devais atteindre un certains poids pour revoir mes parents, ma famille, ma sœur, mes amis…. Je ne pouvais pas les appeler, ni même le faire transmettre un message. J’ai commencé à me griffer, je me haïssais encore plus. Cet enfer à duré un mois. Lorsque j’ai revu mes parents, j’ai pleuré. Mais je n’avais pas atteint le poids qu’il me fallait pour sortir définitivement. C’était loin d’être terminé.

En février, après 5 mois d’hospitalisation, j’ai presque atteint mon poids de sortie. Mais j’ai rechuté. J’ai perdu encore et me faisait du mal. Mes médecins m’ont menacée de la sonde en mai. La veille de mon anniversaire, en juin, j’ai eu un entretien avec mes parents et mes médecins. Mes psys on dit à mes parents que je n’avais pas atteints mon poids donc j’aurais la sonde. J’ai disjoncté, s’en était trop. L’entretien à duré très longtemps, et j’étais au bord de la connerie, tellement c’était dur. Finalement, je suis sortie contre avis médical le 16 juin 2014 après 9 mois d’hôpital.

Aujourd’hui, je vais mieux mais je sais que ce n’est pas fini, j’ai vécu des traumatismes qui me hantent encore, et des fois j’ai cette envie bizarre de rechuter. Mais je m’alimente bien et ai retrouvé goût à la vie. Je ne suis pas à l’abri d’une rechute mais pas non plus condamnée à être anorexique toute ma vie. Je suis toujours un peu hyperactive et fait de temps en temps des crises de tétanie, par rapport à ce que j’ai vécu. Mais je vis avec, et je le vis plutôt bien même si c’est encore un sujet très sensible. Je suis rentrée chez moi depuis 4 mois et le fait de dormir dans mon lit tous les soirs est quelque chose de génial.

J’aimerais dire à toutes les personnes anorexiques, que cette maladie on en sort, on se bat au quotidien contre mais on s’endurcit et il ne faut jamais lâcher. Si jamais un jour, il vous vient l’envie de commencer un régime, parlez en avant à votre médecin, vos proches, pour qu’ils vous surveillent quand même car l’anorexie fait trop de dégâts pour que vous le viviez. J’aimerais remercier ma famille, qui m’a vraiment aidée et soutenue même dans les moments les plus difficiles, mes amies en or, mes psy, qui m’ont “sauvée” et les personnes que j’ai connues à l’hôpital et qui sont des personnes magnifiques, qui ne méritaient pas d’être malades.

Merci, Liloo

Article écrit par Liloo


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