Mon histoire, mon combat…

Par : Persévérance

 

Bonjour !

Moi c’est Anorexie, mais tu peux aussi m’appeler Boulimie. Car oui ! Tu fais partie de ce cercle très restreint, mais en plein expansion, de personnes qui souffrent d’anorexie-boulimie. L’histoire a si bien commencée avec nous. Tu te souviens ? Tout le monde te fuyait car tu étais grosse. Assise, seule sur ton banc, tu as feuilletée les pages d’un magazine. Tu voulais tant ressembler à ces femmes aux longues jambes interminables, aux allures de top-model. C’est là, que tout a commencé, tu n’avais que douze ans. C’est jeune, mais il n’y a pas d’âge avec nous. Tu as d’abord fait la connaissance avec moi, Mlle Boulimie. Comment ? Tu t’es longuement arrêtée sur des blogs via internet. Tu te souviens !? Les sites pro-ana/pro-Mia, qui prônaient la maigreur, et s’affichaient fièrement sur tes pages Google. Plus tu cherchais, plus tu trouvais les réponses à tes questions. Pour maigrir, il faut vomir. Car tu aimes ça la nourriture, mais elle te fait grossir. « Sale grosse », « grosse vache ».

Ce soir là, dans tes toilettes, tu as pris une grande respiration, et tu as enfoncée tes doigts. Tes si beaux doigts ! C’était dur, difficile, mais tu es arrivée. Regarde tes doigts maintenant, ils sont rongés par l’acidité de tes vomissements. Mais tu refuses de voir la réalité, enfin je refuse que tu l’as voit. On est amie maintenant. Ce qui est bien avec moi, c’est que je suis discrète. On parle de moi, mais on ne voit pas. Car avec moi, tout est illusion. Je t’ai si bien appris l’art de la manipulation, et de la tromperie. Ton entourage, n’y voit que du feu. Tu peux manger, tu n’as juste qu’a suivre une condition : celle de faire vomir. Tu n’as juste qu’a enfoncer tes doigts, et tu te videras. C’est trop simple, je sais. Tellement facile, que tu recommenceras. Je suis restée six années à tes côtés. Tu as maigri, grossi. Puis un jour, tu m’as dit stop. J’étais triste tu sais ! Deux longues années ont passés. Mais je n’étais jamais bien loin. Puis un jour, dans un moment de faiblesse, entre humiliations, agressions sexuelles, harcèlements scolaire, tu as rencontré ma sœur : Anorexique.

Elle, elle est beaucoup plus voyante que moi, attire tous les regards. Mais n’était-ce pas ce que tu recherchais. Montrer que tu es belle, mince, que tu contrôles enfin ta vie. Il n’y a que les gens forts qui ont le contrôle de leur vie. Plus tu discutais avec l’anorexie, plus tu l’écoutais, tu buvais ses belles paroles. La salle de sport est devenu ton refuge, manger, pourquoi faire !? Tu n’as pas le temps. Ah non j’oubliais, tu n’as pas le droit de manger avec Anorexie. Vous êtes restées une belle année ensemble. Regarde dans le miroir comme tu es belle, maigre. Tu vois tes os qui frétillent sous ta peau, c’est le signe que tu es belle. Ah mais oui ! Toi ! Tu ne le vois pas. Anorexie déforme l’image que tu as de ton corps. Pourquoi me dis-tu ? Pour voir tes limites, te pousser dans tes retranchements, voir jusqu’où tu peux aller pour te sentir belle. Mais voilà, pendant que tu parlais avec Anorexie, tu n’as pas vue la dépression arriver. Et un soir, elle a voulut mettre un terme à tes relations avec Anorexie. Tu es arriver à l’hôpital, telle une petite souris affamée dans un troupeau d’éléphants. On t’a pris en charge, et tu as été internée. Et Anorexie est partie sur la pointe des pieds.

C’est alors que moi, je refais ma grande entrée triomphale. Pour sortir, il fallait grossir. Tu as alors manger, manger, mais tu avais oublié comment vomir. Tu sais, tout ce que je t’avais appris. Mais cela a fonctionné, tu es sortie. Quel en a était le prix !? Une prise de poids considérable. Prise de poids, que tu n’as jamais acceptée. C’était tellement insupportable pour toi, que tu as repris le droit chemin, celui que je t’avais indiqué : les vomissements. Tu crois déculpabiliser, mais au fond de toi tu as honte. L’angoisse s’est insidieusement installée, car à chaque fois que tu mangeras, un sentiment de panique t’envahiras. Cette immense peur de grossir et de n’a jamais pouvoir maigrir.

Mais ne t’inquiètes pas! Anorexie n’est jamais très loin. Que serait ta vie sans nous, le sport, les laxatifs. Car oui, nous sommes devenus ton quotidien. Mais toi, tu as décidé d’en faire ton combat. Alors on te pose la question : es-tu sûre de vouloir arrêter ? Regarde tout ce que tu as perdue « grâce » à nous. Avec nous, tu iras loin…enfin aussi loin que peuvent aller les anges. Car tu as voulus jouer avec nous, tu as crue pouvoir te débarrasser de nous comme ça, mais tu t’es bien trompée. Tant que tu respiras, nous seront toujours là. Car demande de l’aide, et tu nous trahiras. Tu as tellement le sens de l’amitié. Il faut dire que nous t’avons bien choisies. De toute façon, tu n’a presque plus d’amis. Alors que nous, malgré toutes les épreuves traversées ensemble, nous ne t’avons jamais quittées. Jamais on ne te quittera. Les autres te diront que nous sommes mauvaises, que nous te voulons du mal. Mais c’est faux! Il ne faut pas les écouter. Ils sont jaloux du chemin que tu as parcouru. Il sont faibles. Mais toi ! Tu es belle et forte. Avec nous, tu connais le sens des sacrifices. Alors maintenant que vas-tu faire…

Bonjour, moi c’est Anonyme mais appelez-moi persévérance. Et je ne suis pas anorexique-boulimique. Mais je suis juste une jeune femme de 24 ans étudiante en psychologie, qui souffre de troubles du comportement alimentaire. Je ne vis pas à travers vous, mais avec vous. Et ne vous inquiétez pas, un jour, vous sortirez définitivement de ma vie. Parce qu’il y a des gens qui m’aiment, et qui me veulent du bien. J’ai peut être perdue une bataille, cependant pas la guerre. Pas la peine de raconter mon histoire ; je suis peut être une adulte dans un corps d’enfant, mais je suis le personnage principale de ma vie. Vous, vous n’êtes que les seconds rôles. En plus, vous jouez les mauvais rôles. Vous, vous croyez forte ? Vous, êtes si fortes, que vous avez besoin d’être à deux, contre moi. Et puis d’ailleurs pourquoi je vous accorderais de l’importance, vous n’existez même pas..

Moi c’est persévérance et je compte bien gagner ce combat, cette guerre. Ça sera « un peu pas pour l’Homme, mais un GRAND pas pour moi ».

Merci de m’avoir lu.

Article écrit par Persévérance


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