Poupées Lammily

Des poupées aux mensurations « normales »

Dès le plus jeune âge notre vision de la femme est façonnée – tant par les médias que par les poupées et autres jouets – et à mesure que nous grandissons nous intériorisons ces idéaux de beauté et de minceur. Pour cela, il est avéré que cette image fictive de la femme parfaite joue un rôle important dans le développement de l’anorexie. En effet, si elle n’explique pas entièrement pourquoi et comment se déclenche la maladie chez un individu, on peut considérer que la personne souffrant tente de combler un manque par la recherche effrénée d’un idéal. L’extrême minceur devient alors l’objectif à atteindre, preuve que cette supposée perfection féminine -fabriquée par la société- est ancrée en chacun de nous.

C’est dans le but de mettre à mal ces stéréotypes féminins qui se répandent dans le monde occidental que l’artiste Nicolay Lamm a décidé à l’été dernier de modéliser la première poupée pour enfants ayant un corps de vraie jeune femme. S’appuyant sur les mesures moyennes fournies par le CDC (Center for Disease Control), l’organisme américain pour le contrôle et la prévention des maladies, le designer a réalisé un prototype en trois dimensions d’une poupée ayant le corps d’une jeune américaine « normale » de 19 ans. La manœuvre a permis de mettre en exergue la différence entre cette poupée aux mensurations humaines et la traditionnelle poupée Barbie qui envahit nos placards. Et le bilan est implacable : d’une taille trop élevée, la Barbie que nous connaissons a des jambes trop longues, trop fines, des formes trop effacées et une taille trop marquée.

Fort de ce premier succès, Nicolay Lamm a alors choisi d’aller plus loin dans sa démarche en commercialisant sa poupée, Lammily. Le projet, financé à la hauteur de 120%, est sûr de voir le jour, signe encourageant d’une prise de conscience collective et d’une société qui change. Peut-être alors les futures générations, ayant grandis avec des poupées plus réalistes, auront-elles une autre vision du corps parfait et les jeunes filles cesseront-elles d’être obsédées par la minceur.

Du point du vue de la maladie ceci pourrait constituer une avancée importante, réduisant le nombre de jeunes filles tentées de s’engager dans un régime pour coller à l’image de la femme parfaite –et par bien des aspects irréaliste- et basculant progressivement dans une phase d’anorexie prolongée. On ne peut alors qu’encourager Nicolay Lamm dans sa démarche et le remercier d’être allé à l’encontre de nos propres préjugés pour nous montrer que cette intériorisation d’un idéal de beauté inatteignable se fait dès l’enfance.

Article écrit par Charlotte Planchette


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